Étape #14 De Broome a Kununura
Étapes

Du 01/04/2015 au 04/04/2015

Broome

Album: Broome

Nous quittons Port-Hedland en fin d’après-midi sous une chaleur écrasante !

Après une petite centaine de kilomètres, nous sortons de la route principale pour emprunter un chemin en terre. Nous atteignons une petite forêt au beau milieu d’un champ. Ce sera parfait pour la nuit !

 

Aucun autre voyageur ne nous rejoint ce soir-là. C’est de plus en plus fréquent de passer les nuits entièrement seuls depuis que nous sommes loin de tout mais finalement nous nous y sommes très vite habitués ! Même pas peur !

La nuit que nous avons passée a été horrible !
Quelle chaleur !!!

Nous nous sommes levés plusieurs fois pour se mettre sous la douche solaire suspendue à un arbre près du van. En plus de l’eau qui était chaude, pas un seul courant d’air pour se sentir un peu rafraîchis !

Heureusement que la beauté de la voie lactée nous fait penser à autre chose.

Après cette courte nuit de sommeil, nous reprenons notre route direction Broome qui se trouve à environ 600 km de là.

Comme toujours, ces 600 kilomètres de lignes droites sont totalement vides, seules des carcasses de vaches en décomposition bordent la route et laissent échapper des odeurs nauséabondes.

Nous croisons également beaucoup de voitures accidentées ou abandonnées.

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Après quelques heures de route, nous voici à Broome.

La ville est très agréable, des palmiers jonchent les rues. La ville compte environ 12 000 habitants et quasiment 30 000 en haute saison.

Tels de bons touristes, nous passons directement par la case « office de tourisme » afin d’y prendre quelques brochures.

Ce n’est pas les activités qui manquent ici et le soir même, nous réservons une sortie de kayak en mer pour le lendemain.

Pour ce petit séjour à Broome, nous décidons de nous installer dans un camping, ce sera l’occasion aussi de faire quelques machines et de dépoussiérer un peu Fillmore !

Notre emplacement se trouve à 30 mètres de la mer, nous avons une superbe vue. En revanche, il fait toujours aussi chaud, il n’y a pas d’air et cerise sur le gâteau, le taux d’humidité est très élevé malgré que ce soit la fin de la saison humide. Une horreur !

Les jours passés à Broome ont été supers. En revanche, les nuits… des cauchemars !

Pour essayer de vous faire un peu comprendre le calvaire que nous avons vécu, essayez de vous imaginez que vous vivez dans un hammam ! Notre corps était mouillé en permanence, des gouttelettes d’eau ruisselaient sur notre visage et après la douche, nos cheveux ne séchaient pas mais restaient mouillés ! Et difficile de s’étaler de la crème solaire sur un dos ou des bras mouillés.

Chaque nuit, nous étions presque au bord de la crise de nerf tellement le climat était insupportable. Nous avons compris plus tard que le camping se trouvait dans une cuvette et donc à l’abri du vent. Seuls les hauts des longs palmiers profitaient de la brise.

L’avantage de ce climat : pas de mouche ! Juste de grosses chauves-souris qui sortent de leur cachette la nuit afin de trouver quelques bestioles à manger.

Le lendemain, dès 9h00, nous sommes prêts et un minibus vient nous chercher directement au camping pour la sortie en kayak.

Nous sommes reçus par le couple de gérant de l’agence. C’est eux qui nous guiderons pendant notre sortie en mer. Dans le minibus, nous sommes rapidement rejoints par d’autres personnes, au total nous sommes une quinzaine de personnes de tout âge.

Ensuite direction Cable Beach, la plage la plus connue de Broome. Avec ses 22 kilomètres de long, nous sommes loin d’être entassé les uns sur les autres !

L’ambiance est décontractée et bon enfant. Après nous avoir expliqué rapidement les consignes de sécurité et le déroulement de la matinée, nous nous lançons sans tarder dans l’eau, kayak en mains.

La mer est calme, le soleil est là et l’eau est turquoise. Que demander de plus ?!

Nous longeons la côte aux roches orange et rougeâtres. Plusieurs nuées d’oiseaux multicolores s’échappent des rochers. Après une heure de kayak, nous débarquons, kayak par kayak, sur les roches. C’est l’heure de la pause ravitaillement.

Nous en profitons pour reprendre des forces et faire trempette. Il fait chaud mais grâce au vent, nous nous sentons beaucoup mieux qu’au camping.

Le retour sur la plage se fait en une heure, le courant de la mer nous guide doucement vers le rivage. Heureusement, car les bras commençaient sérieusement à chauffer !

 

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Après cette matinée sportive, petite baignade à la plage du camping. Le camping est bondée mais personne sur la plage… bizarre !

C’est en sortant de l’eau qu’une personne assise près d’un arbre retient notre attention et nous dit qu’il est dangereux de se baigner ici. Ah bon ?! Mais pourquoi ?!

Simplement car juste à côté de nous se trouvent des mangroves et que c’est l’un des coins favoris des crocodiles ! D’ailleurs, deux autres personnes en ville nous confirmeront tout ça le jour suivant. On y a échappé belle !

Ce vieil homme débraillé qui vient de nous mettre en garde s’appelle Peter, c’est un aborigène.

Il a l’air d’être curieux et de vouloir discuter, tout comme nous, alors nous nous installons avec lui.

Il était installé à l’ombre d’un arbre, cigarette au bec et sirotant sa bouteille de Chardonnay caché dans un sac en papier marron – en Australie, vous ne sortirez jamais d’un « liquor store » sans un sac pour cacher l’alcool que vous venez d’acheter.

Il nous demande d’où l’on vient et ce qu’on est venu faire à Broome. Il nous dit qu’en ce moment aux informations australiennes la France fait beaucoup parler d’elle… (C’était au moment des débats sur le port du voile).

Nous essayons de connaître un peu son histoire. Il nous raconte que ses parents et que ses grands-parents sont arrivés « du désert sans rien et complètement nus » à Broome.

Et quand on lui demande pourquoi il boit, il répond : « Je bois depuis un an, c’est le Diable qui m’a tenté ! »

Peter est issu d’une famille catholique, l’un de ses fils est d’ailleurs pasteur et toute sa famille porte des noms anglophones. Cependant, avec sa famille, il parle uniquement son dialecte aborigène. C’est l’occasion pour nous d’avoir notre premier cours de langue aborigène ! Linegala veut dire crocodile et whatnao, bonjour !

Pour info, il existe des centaines de dialectes aborigènes différents !

Malgré nos questions pour essayer de comprendre comment il perçoit la place des aborigènes dans la société, Peter n’a pas l’air de connaître l’histoire de son peuple. Et lorsqu’on aborde le sujet de la politique, il dit que « Tony Abbott is a dickhead ». Je vous laisse chercher la traduction par vous-même si vous n’avez pas compris…

Après plus d’une heure de discussion, nous laissons Peter sur la plage qui nous remercie chaleureusement d’être rester un peu avec lui pour discuter et d’avoir écouter ses histoires.


Il faut savoir qu’en Australie les aborigènes sont malheureusement très marginalisés et le sujet de la colonisation reste un sujet plutôt tabou et encore sensible.
Nous avons constaté ce malaise à plusieurs reprises durant notre voyage.
Et nous nous sommes beaucoup interrogés sur la place des aborigènes dans la société australienne qui sont trop souvent mis à l’écart.
Au fils de notre voyage et de nos rencontres, nous avons pu comprendre et cerner un peu plus le sujet.

Ce thème se sera d’ailleurs l’objet d’un prochain article.

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Nos activités de la journée ne sont pas terminées et le soir même direction à nouveau à Cable Beach pour une balade à dromadaire.

C’est l’activité phare de la ville. Chaque jour, au petit matin et au coucher du soleil, vous pouvez assister au défilé de dromadaires sur la plage de Broome. C’est plutôt surprenant comme tableau !

Les dromadaires étant des animaux robustes, ils sont été importés en Australie dès le début de la colonisation afin d’aider au transport de marchandises et se sont reproduits dans la Nature.

Les pieds dans le sable, nous apercevront les dromadaires arrivés vers nous, encadrés par leurs accompagnateurs.

Une fois tout le monde réunit, l’équipe nous présente les dromadaires un à un, leur nom, leur âge et leur histoire.
Nous embarquons sur Cloud, un dromadaire de 18 ans. Il est plutôt jeune quand on sait que leur moyenne de vie se situe entre 50 et 60 ans.

Les dromadaires sont assez sages et très curieux et ils adorent se faire papouiller.

Nous montons sur Cloud alors qu’il est encore assis – c’est quand même plus facile – et nous nous agrippons au moment où il se relève car on a vite de se retrouver projeter au sol.

C’est assez impressionnant et nous avons l’impression d’être très haut perché.

La balade est reposante, nous assistons au coucher de soleil du haut de notre nouveau copain.

Après environ 40 minutes de promenade, nous descendons – aïe les jambes – et récompensons Cloud avec une carotte qu’il s’est vite empressé d’ingurgiter.

C’était un moment assez sympa bien que ce soit une attraction purement touristique.

Nous avons apprécié le fait que les membres de l’équipe soient passionnés et très attentifs à l’ensemble des dromadaires.

 

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Après une autre superbe courte nuit à n’en plus pouvoir à cause de cette foutue chaleur humide, nous poursuivons nos visites à Broome.

Première étape : Gautheaume Point.

A l’écart de la ville, cette pointe côtière vaut vraiment le coup d’œil. C’est la côte que nous avions déjà longé en kayak. Les couleurs vives des pierres nous donnent l’impression d’avoir atterri sur Mars.

 

En plus du paysage extraordinaire, l’endroit cache une chose insolite : des traces de pas de dinosaures vieilles de 130 millions d’années. Ces empreintes sont visibles sur le sol à marrée basse. Dommage pour nous, la marée n’était pas suffisamment basse pendant notre séjour pour aller les observer.

Broome c’est aussi la capitale de la perle, l’occasion pour nous de se rendre dans le petit musée de la ville pour en savoir un peu plus sur la culture des perles.

Au début du XXème siècle, la ville produisait 80 % de la production mondiale de perles. Rien qu’ça !

Mais cette exploitation, ne s’est pas faite sans mal et beaucoup de plongeurs ont succombé aux dangers de la mer : requins, méduses mais aussi à cause du manque de moyens techniques lors des plongées.

Dans les années 1880, les côlons ont employé des aborigènes, avec ou contre leur volonté, beaucoup sont morts à cause des conditions de travail misérables imposées par leurs patrons.

Les pêcheurs de perles japonais et chinois sont également venus tenter leur chance et beaucoup ont péri dans les fonds marins.

Il y a d’ailleurs un cimetière chinois et un autre japonais qui leur rendent hommage.

En fin de matinée, pique-nique dans un parc près de Cable Beach puis bodyboard toute l’après-midi dans une eau à 32°C : un vrai bonheur !

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Après ce petit séjour à Broome, il est temps de reprendre la route mais avant ça, grand nettoyage pour Fillmore qui en avait bien besoin.

Prochaine grande étape, Darwin. La ville est située tout au Nord de l’Australie. Il y a 1 900 km entre Broome et Darwin.

 

Du 04/04/2015 au 06/04/2015

Derby – Fitzroy Crossing - Halls Creek – Kununura

Album: De Derby à Kununura

Au fils des kilomètres, nous quittons la côte ouest australienne et 200 kilomètres plus loin, nous nous arrêtons près du village de Derby pour y découvrir un arbre plutôt insolite : un baoba géant !
Ce gigantesque baobab est impressionnant mais témoigne de la triste période coloniale.

A la fin du 19ème siècle, il a servi de prison pour les aborigènes de la région qui ont été capturés par les colons et amenés à Derby pour travailler en tant que pêcheurs de perles. Le tronc, creusé, servait à entasser les prisonniers ligotés…

Nous continuons notre route sous une chaleur écrasante. Le désert est immense et magnifique et nous apercevons d’autres baobabs encore plus grands que celui de Derby.

Nous croisons rarement des voitures mais très souvent des aigles planant au dessus de nos têtes afin de chercher leur prochaine proie.

Nous nous retrouvons parfois nez à nez avec ces gros rapaces qui mangent des carcasses de kangourous ou de vaches sauvages en plein milieu de la route.

Bref, c’est certain, nous sommes en plein désert !

Au milieu de ce panorama, nous approchons de Fitzroy Crossing et croisons un homme à vélo avec des portes bagages pleins à craquer. Quel courage de se lancer dans un tel périple ! Nous en profitons pour l’encourager un peu.

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Nous voici arrivés au village de Fitzroy Crossing juste le temps de refaire le plein. Environ 1 500 habitants vivent ici, dont 80% d’aborigènes.

A peine arrivés en ville et nous sommes déjà dans l’ambiance…
Une botte de paille sèche, poussé par le vent chaud, traverse devant notre van. Le soleil commence à se coucher… La ville semble quasi morte et désertique… Quelques aborigènes débraillés, errent dans les rues ou sont assis sous l’ombre d’un arbre…

La ville est plutôt glauque et on se croirait presque dans une scène idéale pour un film d’horreur ! Heureusement, il fait encore jour !

La vieille station service permet de refaire le plein et de se dégourdir un peu les jambes.

Au moment d’aller payer, 5 personnes assises devant la station essence nous scrutent de la tête aux pieds et une habitante aborigène s’approche de nous en boitant et en tremblant pour nous montrer un petit livre. Elle nous montre une petite Bible en nous disant : « Je l’ai payé 5 dollars ! ». Betty vient d’Alice Springs, elle nous explique qu’elle est heureuse de voir des voyageurs traversés sa ville car il n’y a rien à faire ici.

En effet, la ville semble ennuyeuse, seul le passage de touristes l’anime un peu.

A quelques kilomètres après Fitzroy Crossing, nous trouvons une petite colline où passez la nuit. La vue est juste superbe et encore une fois nous sommes tous seuls !

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Après un petit-déjeuner en plein milieu du beau désert australien, il est temps de reprendre notre route.

Nous parcourons 600 kilomètres dans la journée en traversant quelques petits patelins dont Halls Creek.

Il y a à peine 1 500 habitants ici et plus de la moitié est aborigène. La ville sert de centre d’approvisionnement pour les fermes aux alentours. Les immenses espaces de cette région sont souvent utilisés comme « cattle station » c’est-à-dire, des fermes de bétail.

A partir d’Halls Creek, il est possible de se rendre au Purnululu National Park pour y découvrir les Bungle Bungle : d’étranges massifs noirs et orange.

L’Australie étant tellement vaste, jusqu’en 1982, ces imposantes roches étaient totalement méconnues exceptés par les aborigènes de la région. C’est qu’en 1987 que ce grand espace s’est ajouté à la longue liste des parcs nationaux australiens.

Depuis, c’est l’une des attractions touristiques pour les aventuriers de l’out back australien.
Dommage pour nous, la saison humide venant tout juste de se terminer, quelques routes sont encore inondées alors le parc n’a pas encore été ré-ouvert au public. L’autre solution pour observer les Bungle Bungle aurait été de les survoler en hélicoptère mais vu les prix, on préfère s’y abstenir… 260 dollars minimum par personne pour quelques minutes de vol !

Nous nous contentons donc d’aller voir la Muraille de Chinele China Wall – c’est ainsi qu’est surnommée cette barrière rocheuse blanchâtre de quartz située à une dizaine de kilomètres de la ville.

Pause déjeuné et ravitaillement en eau puis c’est reparti pour les longues lignes droites !

Quelques kilomètres après Halls Creek, nous croisons une route en terre réservée au 4×4.

Cette route mène au cratère de Wolf Creek. Un cratère grand de 875 mètres de diamètre pour une profondeur de 60 mètres. Ce serait l’impact d’une météorite de 50 000 tonnes tombée il y a moins de 300 000 ans.
Le cratère a été découvert qu’en 1947 lors d’un vol aérien de relevés topographiques.

Ce cratère est de plus en plus visité par des voyageurs téméraires depuis que le film d’horreur Wolf Creek est sorti au cinéma. Tiré de faits réels, il raconte l’histoire de trois jeunes enlevés et séquestrés par un psychopathe lors de leur balade aux alentours du cratère.

Bref, une bonne raison pour venir se faire des frayeurs entre amis et un bon coup de pub pour la région !

En parlant de film, c’est dans cette région du Kimberley que quelques prises pour le film Australia avec Nicole Kidman et Hugues Jackman ont été tournées.

Nous avons entendu des tas d’histoires plus dégantées les unes que les autres au sujet de disparitions mystérieuses de voyageurs dans le désert ou de personnes assassinées par des fous dans les campagnes. Les routes australiennes passent souvent au milieu de nulle part, de quoi alimenter l’imagination…

Le soleil est bas, il est temps de trouver un coin où dormir, il y a une aire où le camping est permis 60 km avant la ville de Kununura, ça fera l’affaire ! Premier reflexe : installer la douche solaire à un arbre histoire de se rafraîchir un peu, mais l’eau est bouillante et nous passons encore une mauvaise nuit à cause de la chaleur.

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Au petit matin, nous découvrons Kununura, la dernière ville avant de changer d’état.
Avec ses 6 000 habitants, c’est la plus grande ville de l’état au nord de Broome.

La plupart des habitants sont aborigènes.

Il n’y a pas grand-chose à faire, nous faisons juste un petit tour de la ville et passons par la case ravitaillement en eau, nourriture et essence.

 

Juste après avoir quitté Kununura, nous changeons d’état. Au revoir le Western Australia (où nous sommes restés presque un an) et bonjour le Northern Territory pour de nouvelles aventures et de nouveaux paysages !

Nous avançons nos montres d’1h30 et allongeons un peu plus l’écart avec la France.

En vrac :

  • Si vous allez boire un coup avec un australien, il habillera souvent votre bouteille ou cannette de bière avec un « stubby holder ». Ce petit accessoire – style étui en mousse – permet de ne pas réchauffer sa bière avec la chaleur de ses mains. Il existe une dizaine de noms différents : « bottle jacket », « can cooler », « coosie », …
  • Certains restaurants et cafés affichent le label « BYO » (Bring Your Own), ce qui signifie qu’il est autorisé d’emmener et de consommer votre propre bouteille d’alcool pendant votre repas
  • Les australiens ont leur propre jargon, c’est ce qu’on appelle le Slang. Quelques exemples : Straya ou Oz = Australia, aussie = australian, barbie = barbecue, mozzie = mosquito, …
  • La taille des cannettes de soda est plus grande : 33cl pour la France contre 37.5cl pour les cannettes australiennes
  • Sur certaines plages australiennes, il est possible de circuler en voiture. La limitation de vitesse est habituellement entre 5 et 10 km/h
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